flexicurité


en Belgique, le travail intérimaire représentait en 2007 quelque 100 000 emplois à temps plein, soit le double d'il y a 10 ans. Les entreprises utilisent de plus en plus le travail intérimaire comme un canal de sélection pour leurs recrutements. Les jeunes diplômés écument les agences de travail intérimaire en vue d’acquérir leurs premières expériences professionnelles. Les étudiants y dénichent de petits emplois qu'ils peuvent combiner avec leurs études.


Au début, ils ne se soucient pas beaucoup du fait qu'il s'agisse d'emplois temporaires et flexibles. Pouvoir indiquer sur son curriculum vitae diverses expériences professionnelles est un atout lorsque l'on postule pour un "vrai" emploi. La situation devient problématique lorsque cet emploi fixe se fait attendre, obligeant à louvoyer entre chômage, formations et emplois intérimaires. De nombreux jeunes aboutissent dans cette situation incertaine et involontaire.


Si la Commission européenne obtient ce qu'elle souhaite, ce sort ne sera plus réservé aux jeunes accédant au marché du travail à l'avenir. L’ensemble du marché européen du travail devra fonctionner comme une seule et unique agence de travail intérimaire. Ainsi en décide le Livre vert de la Commission européenne sur la modernisation du droit du travail. Un marché du travail flexible, mobile et non entravé par un droit du travail trop protecteur doit renforcer la compétitivité des entreprises européennes.


Selon la Commission européenne, l'Europe a besoin de cette flexicurité – un marché du travail flexible associé à une protection sociale minimale – pour être compétitive dans l'économie mondialisée.  Ce type de marché de l'emploi requiert deux choses. Premièrement, les travailleurs doivent être flexibles et disponibles, apprendre tout au long de leur vie et ne pas avoir des exigences trop élevées en ce qui concerne le salaire et les horaires de travail. Deuxièmement, le droit du travail doit être adapté aux souhaits de flexibilité des entreprises. Le droit de licenciement surtout doit être assoupli.


Et les travailleurs ? Ils devront se faire à l'idée qu'ils changeront souvent d'emploi au cours de leur carrière. Lors du passage d'un emploi à l’autre, ou d'une formation à un emploi, ils pourront bénéficier d'une sécurité sociale minimale. Les allocations de chômage seront limitées dans le temps et on rognera sur le droit de licenciement.


En ce qui concerne la Belgique, ce sont principalement les délais et les indemnités de préavis qui sont dans le collimateur. Aux Pays-Bas, les syndicats protestent vivement contre les licenciements éclairs.


La flexicurité confère à la notion de sécurité d'emploi une toute autre signification. Elle ne signifie plus la certitude de conserver son emploi, mais la promesse de trouver rapidement un autre emploi à la suite d'un licenciement.


 


voir également flexibilité, stratégie de Lisbonne