Les pays sont de plus en plus souvent confrontés à une économie sans frontière avec une surenchère fiscale ou disons plutôt une « sousenchère ». Ils tentent d’attirer des investisseurs en diminuant toujours plus l’impôt des sociétés. Si un petit pays applique ce procédé, comme l’Irlande au cours des dernières décennies, il peut en profiter pour attirer massivement des investisseurs et assurer ainsi sa croissance. Mais qu’en sera-t-il si les pays d’Europe de l’Est et d’autres pays appliquent les mêmes procédés, si les taux fléchissent pour atteindre zéro pour cent ? Ils peuvent même diminuer en deçà si les entreprises se voient en outre accorder des subsides pour venir s’installer dans le pays. Cette concurrence fiscale entre les pays risque de devenir rapidement contreproductive. Elle dévore les revenus dont les sociétés ont besoin pour prospérer. Et lorsqu’il y a trop peu d’argent pour assurer la construction des routes et des écoles et dispenser des soins de qualité, c’est l’économie qui est perdante au final et l’Etat providence est totalement menacé. Jusqu’ici, les tentatives d’harmonisation fiscale au sein de l’Union européenne et de maintien de cette course fiscale dans des limites acceptables, se sont soldées par un échec.
De même, il ne faut pas taxer les entreprises inutilement. Y-a-t-il des limites à ce qu’il est possible de faire sans argent. Nous ne retenons que très difficilement les leçons du passé.